En ce moment c'est Elliot Smith qui m'accompagne. Either/Or. Chaque fois que j'écoute cette musique, je repense à ce film, ce générique, cette route. Le jour où j'ai vu Will Hunting pour la première fois, j'ai vraiment été heurté. L'histoire d'un surdoué ? Bien sûr que non. Will Hunting c'est l'hisoire de quelqu'un qui est complètement perdu. Perdu entre son avenir, son passé et ses sentiments. C'est pour ça que j'ai aimé tant ce film. En voulant nous faire croire qu'il veut raconter quelque chose d'extraordinaire, la vie de quelqu'un d'extraordianaire, de quelqu'un de terriblement arrogant, il nous raconte une histoire terriblement banale. Et ce qui devient extraordinaire dans ce film, ce qui nous prend aux tripes, ce n'est pas le destin extraordianaire de ce garçon, mais bien toute la banalité merveilleuse et universelle de son état. Lorsque le masque de son arrogance tombe. Il finit par prendre sa voiture, après s'être fait traité amicalement de "son of a bitch" par son psy attitré, par prendre sa voiture et la musique d'Elliot Smith part avec lui. Il a une fille à voir. Ils avaient rompu quelque temps avant. Cette fin, si clichée, ne l'ai pas dans ce film. Elle ne l'ai pas parce que justement elle s'assume en tant que telle. Ce personnage qui refusait toute sa vie de tomber dans les clichés de sa propre existence et de la logique insoutenable de cette existence et de son état finit par accepter de tomber dans le cliché de l'amour. Ah je sais, je deviens presque lyrique, mais c'est beau ce film quand même merde !
La dernière fois que j'ai vu ce film, c'était avec elle. Je lui ai montré ces films qui m'ont fait, qui m'ont marqué. Elle a même du affronter American Pie et Friends (vraiment j'ai presque honte mais j'ai toujours aimé les teen movie débiles). Et elle m'achète toujours ses livres à elle, qui sont des bouts d'elle, et malgrè ma vitesse très lente de lecture, petit à petit, ma bibliothèque se remplit d'elle.